ITPT

17 octobre 2014

Hortonworks sort Ozone

Hortonworks (www.hortonworks.com), éditeur de la distribution open source Hadoop Data Platform rencontré à 2 reprises par l'IT Press Tour, dévoile Ozone dans un blog post sur son propre site accessible ici. Ozone est un Object Store qui se veut une extension naturelle de HDFS. HDFS est depuis l'origine synonyme de scalabilité, pour ceux qui en doutent, il suffit de voir les tailles de cluster chez Yahoo ou ailleurs et on comprend par le nombre de noeuds ou la capacité de stockage cumulé ce que cela signifie. Et pour ceux qui n'aiment pas le terme cluster qu'ils estiment réservé à des petites grappes de machines en haute-disponibilité, il se reconnaitront, je maintiens le terme cluster même pour des centaines de noeuds.
HDFS est bien le file system hyper-scalable pour le data lake d'entreprise, il lui restait à devenir Web-scale. Il lui manque certes quelques points comme des fonctionnalités globales géographiques, une dimension key/value (objet)... mais l'adoption est là. Et je ne trahirai rien en insistant sur mon adage constant qu'il n'y a qu'une seule vérité celle du marché qui a toujours raison. Le marché le montre tous les jours, HDFS est le File System le plus prometteur pour les data centers d'entreprise au-delà des file systems des postes de travail ou des serveurs applicatifs, le rouleau compresseur a été lancé dès 2006. Vous le savez, mon préféré des file system était VxFS, je rappelle juste que Veritas a dévoilé VxFS en 1991 avec des fonctionnalités uniques qui sont arrivés que bien plus tard dans les autres systèmes de fichiers.
Il est bon de noter qu'Hortonworks et d'autres acteurs reconnaissent et valident le besoin d'un object store avec l'introduction d'Ozone. Comme beaucoup de réflexions autour des object stores, celle-ci passe par le besoin:
  • de supporter un nombre colossal d'objets (on parle de trillions),
  • de traiter des tailles différentes d'objets allant de quelques Ko à des centaines de Mo,
  • de garantir l'intégrité des données (fondamentale pour les entreprises),
  • d'exposer une API REST pour l'accès et la manipulation des données
  • et de fournir un mécanisme de protection géographique des données.
Hortonworks ajoute à cette liste la contrainte ou la nécessité de s'appuyer sur HDFS. Effectivement, HDFS est largement présent, déployé et éprouvé, il suffira donc d'upgrader sa couche HDFS pour bénéficier d'Ozone. Bien vu.

Ozone s'appuie sur les data nodes HDFS pour supporter des informations autres que des fichiers ici les objets. La notion de bucket est introduite ici, un bucket possède un nom, chaque objet est unique dans un bucket car sa clef est unique par bucket. La fonction de metadata de l'objet, habituelle dans HDFS, sert à identifier et accéder de façon unique à l'objet ainsi le nom du bucket combiné à la clef de l'objet souhaité pointe vers un seul et unique lieu de résidence de la data. Un block sur HDFS appartient exclusivement à un bucket nommé. Nous obtenons un modèle asymétrique, assez similaire au name node HDFS, où il existe des services de metadata qui permet de localiser les data nodes qui hébergent les données elles-mêmes. Pour en savoir plus, je vous renvoie à la page du projet Apache accessible ici, ce n'est à ce jour qu'une proposition. HDFS confirme avec ce développement son rôle central pour le stockage des données d'entreprise de façon finalement universelle de part l'adoption du file system par tout le monde et partout.
Ce message arrive quelques jours après celui de Caringo qui avait déjà annoncé SwarmFS pour supporter HDFS 2+. Le marché se resserre, les acteurs object storage se multiplient, tout le monde veut son offre, il y aura des morts peu d'élus mais le marché est large pour que plusieurs puissent s'exprimer et s'épanouir librement au moins pour un temps. Mais pour le data center d'entreprise du futur, il y aura ceux qui ignorent Hadoop et ceux qui surfent dessus...

16 octobre 2014

Scality signe avec HP

Scality (www.scality.com), éditeur de SDS avec son produit RING, annonce un accord global de revente avec HP (http://bit.ly/1pgtioA). Illustrant une nouvelle fois parfaitement que l'innovation vient des petits acteurs agiles et réactifs, le deal démontre la difficulté persistante des géants IT à s'adapter et à fournir une solution en ligne avec les attentes du marché. HP avait acquis Ibrix en 2009 et avait depuis proposer le produit sous différents modes avec la possibilité de l'utiliser en mode objet. Là encore, le terme objet était utilisé pour signifier le mode d'accès à la donnée mais n'impliquait pas une organisation interne du produit dans un tel mode. Le produit était (est) toujours limité à moins de 20PB ce qui n'est pas l'esprit d'une solution objet pensée pour être très évolutive en capacité voire illimité. Scality arrive donc au catalogue HP couplé avec les serveurs ProLiant SL4500 et DL380/360 pour cibler les 5 grands cas d'usage: Active Archives, Content Distribution, Web et Services Cloud, Distributed Computing and Global Enterprise Cloud. A lire les différents supports au sujet de SDS, on comprend la difficulté à définir le terme et le concept, une bonne idée serait simplement de suivre Scality très en ligne avec les attentes du marché et la vraie volonté d'indépendance vis-à-vis du matériel et de la valeur apportée par le logiciel. Nouvelle étape clef pour Scality, nouvelle ère dirons-nous, nouvelle espérance aussi...

08 octobre 2014

Après le SDS voilà le Software-based Storage

Gag ou pas, certains y vont de leur petit discours. Après les errements de Wikibon sur le Server SAN qui finalement se résume à un SDS en mode bloc, voici que Chuck Hollis, dans son post du 9 Septembre, décline le SDS en Software-Based Storage. On croit rêver, on va avoir bientôt le Software-Controlled Storage ou un autre truc du genre comme si nous n'avions pas assez d'acronymes ou de termes que les utilisateurs ne comprennent pas et finalement rangent comme nouveau jargon marketing. Pour lui le SBS est différent du SDS car il tolère et se base sur des serveurs x86 standard. Et boom ! Maintenant le SBS de Chuck Hollis est synonyme du terme Server SAN de Wikibon si on garde le mode bloc. Et que dire si la même approche est conservée avec un mode d'accès fichier ou object, on n'est plus alors en Server SAN mais en Server File ou Server Object. Et que dire des modes unifiés bien réels sur le marché. Quelle pagaille ! Et le gag continue avec un nouvel acronyme qu'IDC aurait sorti le SDS-P pour Software-Defined Storage Platform. Disons tout net, si c'est pour considérer des unités de stockage qu'on vient agréger, virtualiser, "pooler", segmenter alors il s'agit de Virtualisation de Stockage. Nous connaissons ça depuis la fin des années 90 avec DataCore, FalconStor, Store-Age, StorageApps... pour parler du mode bloc. Nous nous souvenons du FAN (File Area Network) qui avait tenté de décliner le SAN pour la partie fichier avec quelques acteurs comme Acopia, Attune, Nuview, NeoPath ou Rainfinity. Admettons que les travaux récents et les initiatives à base d'API REST influent un peu le modèle et alors nous obtenons une version 3 du même concept. Tous les acteurs qui viennent du stockage matériel ont le même souci, ils ne comprennent et n'admettent pas que l'on puisse faire du stockage avec des serveurs équipés de disques internes et plus avec des baies de disques. C'est incroyable, Chuck Hollis vient d'EMC qui a acquis FilePool en 2001 (cf. mon post en Mai 2007) pour devenir Centera et c'était déjà l'approche d'unités de serveurs indépendantes avec des disques internes. Il existe bien Atmos chez EMC... Et l'article de Chuck est encore plus éloquent quand il évoque les modes de protection avec 2 copies au sein des serveurs. Si vous faites une recherche sur le terme RAIN, il n'y a rien non plus. Et pourtant Rainfinity a été achetée par EMC en 2005 ayant prolongée des travaux de la NASA (cf. mon post d'Avril 2006 ou de Février 2007). Belle confusion qui continue à être alimentée par ce type de post, allez, disons presque inutile. C'est navrant...

16 septembre 2014

Ericsson s'offre Fabrix Systems

Fabrix Systems (www.fabrixsystems.com), éditeur d'une solution NAS purement logicielle et fortement évolutive dédiée au monde vidéo, vient de se faire absorber par Ericsson 8 ans après sa création. J'avais déjà couvert Fabrix en Juin 2013. La transaction a été dévoilée à hauteur de 95M$, un peu décevant mais elle s'explique par la verticalité de la solution et son manque d'universalité. Ericsson met donc la main sur une solution déjà au catalogue d'IBM et reconnue dans le segment des médias grâce à des offres comme Cloud DVR ou VOD. Fabrix Systems sera intégrée au département Solution Area Media au sein de la Business Unit Support Solutions. Bien vu.

12 septembre 2014

Cohesity a de l'ambition

Cohesity (www.cohesity.com), est encore en mode furtif et peu d'informations filtrent. Nous connaissons les fondateurs et leur parcours notamment chez Google, VMware, Oracle, Netflix, Aster Data et Nutanix. Nous remarquons que le fondateur est Mohit Aron, ancien fondateur et CTO de Nutanix, qui est parti lancer Cohesity après 3 ans et demi chez la nouvelle pépite de la valley. Et puis ce qui apportent certaines garanties sont les 2 VCs: Sequoia et Wing Ventures. Encore un bon candidat pour les prochaines éditions des IT Press Tours. Super.

09 septembre 2014

Stratoscale, un nouveau venu presque prêt

Stratoscale (www.stratoscale.com) est un nouveau venu dans le monde du stockage. Basée à Herzliya en Israël et lancée il y a quelques mois avec l'appui de quelques VCs clés comme Bessemer Venture Partners et Battery Ventures en tour A pour 10M$, Stratoscale développe une solution de virtualisation pour les data centers. Notons que les fondateurs ont déjà créé quelques belles aventures comme Anobit, acquis par Apple, Passave absorbé par PMC-Sierra, Neocleus "gobé" par Intel ou SofaWare aujourd'hui dans le giron de Check Point Software.
A regarder de plus près, la société travaille sur une solution d'Hyper-convergence hyper scalable où les parties compute et stockage sont associées de façon optimale. La liste des employés est impressionnante avec de très bons ADNs et même un recrutement pour OpenStack. La dynamique de marché est réelle sur ce segment de l'Hyper-convergence et la concurrence va devenir très rude sur les prochains trimestres. A suivre...

29 août 2014

Gartner va sortir son Magic Quadrant AFA

Gartner, la fameux cabinet d'analyse, devrait dévoiler la semaine prochaine son premier Magic Quadrant pour les unités de stockage All Flash Array. J'ai eu la primeur de la voir Jeudi après midi lors de la conférence Pure Storage ici à San Francisco et je dois dire qu'il est représentatif des acteurs et de la dynamique du marché. Pas trop de surprises donc mais attendons que tout ce petit monde soit fier d'y être pour le diffuser, nous le commenterons à ce moment.

26 août 2014

Scality s'émancipe dans le monde virtuel

Scality (www.scality.com), éditeur leader en solution de stockage tout logiciel pour les environnements exigeants, annonce RING 5.0. Cette version majeure dévoilée lors de la conférence VMworld où Scality est sponsor silver marque une étape clef dans l'évolution de la société. Historiquement, le RING était exposé uniquement au travers d'APIs objets, il a été étendu aux protocoles de partage de fichiers avec la version 4.2, s'est également couplé à OpenStack grâce à l'API bloc Cinder et aujourd'hui le support du monde virtuel vSphere est annoncé. Cette intégration est faite au travers de NFS donc simple, rapide et direct pour tout hyperviseur VMware. Scality complète sa palette avec une capacité de venir se coupler aux environnements physiques et virtuels en consolidant les usages de la plateforme. RING 5.0 c'est aussi une amélioration sensible des performances des services fichiers qui ont presque doublé avec cette version et toujours des simplifications pour la gestion de la plateforme et des points d'automatisation d'administration avec une interface graphique en permanente progression. Beau travail sur cette version et un nouveau monde s'ouvre...

05 août 2014

ObjectiveFS, une gateway SW bien pratique

ObjectiveFS (www.objectivefs.com), produit d'Objective Security, propose un service de stockage cloud bien pratique. Il s'agit de fournir un file system sur les clients qui s'appuie directement sur Amazon S3 avec la relation un file system = 1 bucket S3. La translation avec l'API d'Amazon se déroule sur le poste de façon complètement transparente pour l'utilisateur et les applications. Le résultat permet donc d'avoir un accès fichier comme sur un FS local ou réseau type NFS mais ici il est conçu sur S3. L'implémentation repose sur un module FUSE disponible pour Linux (RedHat, Debian ou Ubuntu) ou MacOSX et donc ce module ObjectiveFS installé sur chaque poste consommateur et bien sur un synchronization temporelle par NTP.
Le système de fichiers constitué par ObjectiveFS est conforme à POSIX, il supporte le redimensionnement à chaud, les liens soft et hard, les attributs Unix et étendus, les permissions utilisateurs, les temps à la Unix, n'a pas de limite de taille de fichier, la création et le renommage sont atomiques, les répertoires peuvent être renommés, les lectures et écritures peuvent être aléatoires dans le fichier et les fichier spéciaux type pipe nommé, socket ou devices existent aussi, une couche bien conçue visiblement. Le produit chiffre les données sur le client et fournit de la compression mais pas de déduplication. Tous les postes clients qui montent et donc accèdent au file system sur S3, c'est-à-dire au même bucket, voient les mêmes données grâce à la technologie LiveSync, ce qui rend facile la collaboration entre utilisateurs distants d'un même projet. Un produit facile à déployer et qui semble donner satisfaction.
Le produit est proposé à 49$ par mois pour 25 points de montage et 500GB stocké sur Amazon, attention le traffic et le stockage sur Amazon n'est pas intégré à ce prix. Pour une souscription Business, le tarif monte à 99$/mois mais offre 50 points de montage et 1TB, le tarif Corporate s'élève à 249$/mois et 100 points de montage et 2TB et pour finir le tarif Entreprise est de 799$/mois pour 250 points de montage et 10TB. Et pour finir, ceux qui veulent le tester, il existe une offre individuel à 9$/mois pour 3 points de montage et 10GB. A chaque fois en cas de dépassement, aucun arrêt ne se produit mais un prix fixe est appliqué: 5$ par point de montage supplémentaire et 5$ par tranche de 100GB ajoutée. A essayer, cette solution est très séduisante...

04 août 2014

Oodrive se paie Active Circle

Bon, je révèle l'affaire: Oodrive (www.oodrive.com) s'offre Active Circle (www.active-circle.com) et semble-t-il l'opération est une bonne affaire pour les 2 équipes. Oodrive acteur plutôt sur la partie cliente obtient un back-end et une base installée verticale dans le monde des médias et scientifique et technique et Active Circle voit sa technologie pérenniser en back-end de la partie Oodrive même si le produit phare d'active, qui en possède 4, peut très bien s'utiliser hors de ce cadre. Bravo et bien vu aux dirigeants des 2 entités. Une nouvelle confirmation, si besoin, que le stockage Français possède quelques bonnes pépites et de très bons ingénieurs. Félicitations.